Francesco Spinacino

Discussion autour du Luth

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Francesco Spinacino

Messagepar ClassicGuitare » lun. avr. 23, 2012 12:16 pm

Francesco Spinacino (fl. 1507) était un luthiste et compositeur italien.
Francesco Spinacino est essentiellement connu par les deux premières tablatures de l'histoire, parues à Venise. Il était originaire de Fossombrone, comme Ottaviano Petrucci, son ami et son éditeur. Un troisième livre de luth, aujourd'hui perdu, était de Joanne Maria Alemanni. Le quatrième livre publié par Petrucci est l'œuvre de Joan Ambrosio Dalza.

La plus ancienne pièce de luth est connue par une tablature d'orgue. Elle est de Konrad Paumann. C'est une transcription ornée d'une ballade de Binchois, pourvue de l'indication: «In Cytaris vel etiam In Organis trium notarum». Les tablatures de luth proprement dites précédant celles de Spinacino sont rares. Le manuscrit cordiforme de Pesaro (en notation française et espagnole) comme celui de Madame de Chambure (en notation italienne et en couleurs) manquent de précision pour le rythme. On ne peut, de ce fait, retrouver la tradition qui a conduit à la notation rythmique de Spinacino. Ce dernier trace des barres de temps diminué (parfait ou imparfait) ou exceptionnellement de prolation mineure, comme des barres de mesures d'aujourd'hui.

Le luth de Spinacino avait six chœurs de cordes (notés 0 quand on les prenait à vide) et 12 frettes (notées 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 8, 9, x, x° et x°°). Les notes prises avec l'index droit étaient signalées par un point placé sous le chiffre. En pinçant simultanément les six chœurs, Spinacino pratiquait le rasgueado comme le luthiste de Pesaro.

Avant de parler de styles, il faut encore signaler la subdivision systématique des longues notes d'un original lors d'une transcription: par exemple, deux semi-brèves pour une brève, ou une minime et deux semi-minimes pour une minime pointée et une semi-minime. Il y a encore certains changements d'octave, peu sensibles car les cinq chœurs graves comportaient chacun deux cordes à l'octave l'une de l'autre.

Indépendamment de ces détails techniques, on distingue chez Spinacino trois groupes de pièces: 48 transcriptions, 27 recercari et 6 pièces dites «à deux luths» par les musicologues du XXe siècle. Chacun de ces groupes pose des problèmes concernant l'histoire de la musique du quinzième au seizième siècle.

La plupart des transcriptions partent des premières publications de Petrucci, mais douze d'entre elles viennent de manuscrits encore indéterminés. On peut classer les auteurs des originaux dans un ordre chronologique approximatif: Vincenet, Caron, Morton, Urreda, Busnois, van Ghizeghem, Ockeghem, Stockem, Ghiselin, Obrecht, Agricola, Tadinghen, van Weerbecke, Isaak, Brumel et Josquin. Il se pourrait que cette collection présente un écho de la pratique musicale d'une ou deux générations. Il est important de contrôler les publications de Schering, Davison & Apel, Gombosi et Disertori à l'aide du fac-similé publié par François Lesure, car elles présentent beaucoup d'erreurs, laissant tomber sur Spinacino un jugement défavorable pendant un demi-siècle...

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